#142 Paysage de Toscane

Toscane, 1958

Gianni Berengo Gardin

Attentif au monde qui l’entoure et à ses différentes réalités, Gianni Berengo Gardin est un des plus grands témoins de la société italienne de son temps.

Rien pourtant ne prédestinait le jeune homme à la photographie, et c’est à un livre sur la Farm Security Administration (FSA) envoyé par un oncle américain très ami de Cornell Capa (le frère de Robert Capa) qu’il doit sa découverte de la photographie. Une passion enracinée plus tard par les rencontres décisives qu’il fera dans le Paris des années 1950 avec quelques ténors de la photographie française tels que Willy Ronis, Robert Doisneau ou Édouard Boubat. Sa décision est prise depuis longtemps déjà : il sera un photographe, mais un photographe documentaire. Malgré un sens formel évident et une profondeur esthétique incontestable, Berendo Gardin cherche d’abord à montrer le mouvement, la vie qui s’écoule. Car si la perfection du cadrage est flagrante, c’est l’empathie pour l’humain qui l’emporte toujours.

Comme dans cette photographie d’un paysage géométrique toscan aux lignes des collines se croisant dans un ballet géométrique parfait et dans lequel apparaissent de minuscules silhouettes humaines, surgies là comme pour briser l’ordonnancement abstrait d’une image presque parfaite. Car la plus grande ambition de Gianni Berengo Gardin est de dire la réalité : Je fais de la photographie, pas de la mise en scène.